En 2002, Jean-Philippe Assal, diabétologue, et Marcos Malavia, metteur en scène, ont élaboré « LE THÉÂTRE DU VÉCU » dans le but de permettre aux patients et aux soignants d’exprimer et de partager leurs expériences de vie par l’écriture et la mise en scène. Depuis, plus de 180 participants ont pris part à ce processus de création : patients atteints de maladies et de situations chroniques (diabète, obésité, insuffisance rénale, maladies cardio-vasculaires, cancer, anorexie, dépression, amputation…) et les soignants qui les accompagnent.
L’acte de soigner nécessite une connaissance approfondie de la biomédecine, une médecine fondée sur des preuves objectives. Mais soigner implique aussi le respect d’une autre dimension fondamentale, celle de la relation soignant-soigné. Balint, en observant l’écart entre l’identité professionnelle des médecins et la réalité des patients a constaté qu’un océan de non-dits séparait leurs mondes respectifs. Une troisième dimension essentielle est celle de l’éducation thérapeutique, qui se fixe comme objectif d’aider les personnes à devenir plus autonomes. On constate généralement, au travers de l’observation de ces trois aspects des soins, que la relation entre patients et médecins n’est jamais égale. Les soignants restent les « experts » et les patients des demandeurs, demeurant bien souvent isolés avec leur maladie. Or cette solitude est néfaste. Les différentes expressions artistiques peuvent offrir un espace d’échange dans lequel soignants et patients peuvent s’exprimer librement, bien au-delà de leur rôle respectif.

