Écriture, mise en scène : Patrick Grégoire ;
Jeu, création musicale : Alexis Louis-Lucas ;
Jeu, réalisation des entretiens : Raphaël Thiéry ;
Jeu : Michèle Beaumont, Lise Holin ;
Jeu, scénographie, régie : Jacques Arnould ;
Costumière : Rozenn Lamand.
Cette pièce où la vivacité de l’écriture permet de ne pas tomber dans une nostalgie pesante, où le côté burlesque est omniprésent, expose en 17 tableaux, la vie quotidienne des ouvriers à l’usine, leur vie familiale et sociale, leurs clubs et associations... L’écriture du texte s’est ainsi appuyée sur une série d’interviews réalisées par Raphaël Thiéry auprès d’anciens ouvriers de l’usine, d’un ouvrier de l’usine actuelle, et de quelques encadrants.
Elle est simple, cette histoire. Voire basique. C’est l’histoire de la grandeur et de la décadence de la métallurgie française, pour faire modeste. C’est l’histoire de tant d’histoires. De tant de français qui ont cru que l’Histoire était un long fleuve tranquille.
Que l’industrie leur assurerait leur pain quotidien, à eux et à leurs enfants, et qu’il suffisait de s’inscrire dans le mouvement de la dialectique de la lutte des classes, pour arracher aux patrons des avantages qui offriraient à l’enfant du métallo une vie meilleure que celle de son père.
Le foetus mâle, dans le ventre de la femme du métallo, savait qu’il entrerait à l’usine. Peut-être même savait-il déjà le numéro de la tréfileuse que son père, fier, ému jusqu’aux larmes, lui léguerait le jour de son départ à la retraite.
“J’avais 58 ans et demi , et j’ai été dégraissé sans être remplacé. J’ai travaillé pendant 30 ans et ce que j’ai fait, ça n’existe plus, c’est rayé d’un trait de plume. Je revois des anciens, on se croise mais je ne parle plus du travail. Non, je n’en parle pas, je ne peux pas en parler ....“
Lucien C.


